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Habitats et espèces

 

Présentations des habitats et des principales espèces à enjeux du site Récifs et marais arrière-littoraux du Cap Lévi à la Pointe de Saire

 

Ce site est notamment justifiée par la présence importante de l'habitat d'intérêt communautaire "Récifs" (1170). La délimitation a été faite de manière à prendre en compte l'ensemble des champs de laminaires et ses espèces associées. Outre les habitats rocheux, le site présente un certain nombre d'ensembles sédimentaires sableux, ciblés comme habitats d'intérêt communautaire à travers l'habitat générique "Bancs de sable à faible couverture permanente d'eau marine" (1110), dont les herbiers de zostères (Zostera marina) (1110-1). On note également la présence de certaines espèces de mammifères marins d'intérêt communautaire, comme le Grand Dauphin (Tursiops truncatus-1349), le Marsouin commun (Phocoena phocoena-1351), le Phoque gris (Halichoerus grypus-1364) et le Phoque veau-marin (Phoca vitulina-1365).

 

Code EU

Principales espèces marines/ principaux habitats d’intérêt communautaire marins observés sur le site

Statut Directives DHFF

1110

Bancs de sable à faible couverture permanente d’eau marine

Annexe I DH

1140

Replats boueux ou sableux exondés à marée basse

Annexe I DH

1170

Récifs

Annexe I DH

1349

Grand dauphin (Tursiops truncatus)

Annexe II DH

1351

Marsouin commun (Phocoena phocoena)

Annexe II DH

1364

Phoque gris (Halichoerus grypsus)

Annexe II DH

1365

Phoque veau marin (Phoca vitulina)

Annexe II DH

1102

Grande alose ( Alosa alosa)

Annexe II DH

1095

Lamproie marine (Alosa fallax)

Annexe II DH

1106

Saumon atlantique (Salmo salar)

Annexe II DH

 

Forêt de laminaires     
 

Forêt de laminaires, ©Emmanuel  Donfat, AAMP

Les habitats rocheux (1170-5)

Les fonds rocheux occupent la plus grande partie du site. Les zones de faibles profondeurs sont favorables au développement des laminaires (grandes algues brunes) tandis que les zones profondes sont quasi-exclusivement occupées par les animaux.

  • Les zones à laminaires

Les laminaires forment des milieux très riches et des zones de frayères et de nourriceries pour nombre de poissons (vieille, lieu, congre). Leurs crampons (partie par laquelle elles sont accrochées à la roche) forment des micro-habitats particulièrement diversifiés. Ces algues assurent une production très abondante et constituent une ressource alimentaire pour l’écosystème marin.

  • Les zones dominées par la faune et les moulières

Dans certaines  zones plus profondes (donc plus sombres) ou battues par des courants plus forts, les laminaires laissent la place à des animaux fixés aux rochers.

Les moulières subtidales à moule commune (M. edulis)sont présentes au sud du site au niveau de la Pointe de Saire.  Il existe également un important gisement historique au large de la Pointe de Barfleur très peu productif depuis quelques années. Celui-ci peut s’étendre au-delà de 50 mètres de profondeur.

Moulières  à M. edulis et l’araignée (Maja brachydactyla)   Moulières  à M. edulis et hippocampe moucheté (Hippocampus guttulatus)

Exemples de faune et flore des moulières : 1) l’araignée (Maja brachydactyla), 2) l'hippocampe moucheté (Hippocampus guttulatus)© IN VIVO

 

Les habitats sédimentaires

Les fonds sédimentaires s’intercalent avec la roche qu’ils recouvrent plus ou moins selon les zones.

  • Les peuplements de substrat grossier (1110-3)

La plupart des sédiments de la zone sont grossiers à très grossiers (1110-3 en rose saumon). On les trouve sous forme de grandes zones homogènes (en profondeur à l’est et à l’ouest du site) et en mosaïque avec les fonds rocheux (à plus faible profondeur). Ces peuplements sont caractérisés par une endofaune (faune dans le sédiment) très réduite et une faune fixée diversifiée mais peu abondante (densités les plus faibles recensées). Les espèces rencontrées sont les mêmes que sur les fonds rocheux (éponges, hydraires, alcyon, bryozoaires…) auxquelles s’ajoutent quelques rares espèces d’endofaune (notamment des vers).

Au nord de la Pointe de Barfleur, les forts courants modèlent les fonds et forment des dunes que GENTIL et CABIOCH (1997) avaient qualifiées de « bancs hydrodynamiques de sables grossiers à faune réduite ». Les poissons sont très peu représentés.

Les peuplements de sables fins sont présents en deux endroits clairement identifiés, de part et d’autre du Cap Lévi (à l’ouest, depuis l’anse du Brick jusqu’au port du Cap Lévi et à l’est dans l’anse de la Mondrée) et au sud du port de Barfleur.

La faune dans le sédiment est très nettement dominée par les crustacés et les bivalves. Sur le sédiment, une couverture d’algues vertes, rouges et brunes (dont quelques laminaires) en épave héberge de nombreux lièvres de mer et quelques petits poissons.

Les herbiers de zostères (Zostera marina) (1110-1)

Les herbiers du site présentent un intérêt tout à fait particulier à plusieurs titres :

Au vu de leur localisation géographique, ces herbiers constituent la limite nord et ouest de répartition de l’espèce de zostères (Z. marina) sur les côtes françaises de Manche. Par ailleurs, l’herbier du Vicq est particulièrement original puisqu’il se développe sur des petits galets et des cailloutis, (condition peu fréquente pour cette espèce qui préfère les sédiments fins). La faune et flore fixées associées à ces sédiments grossiers augmentent l’intérêt écologique global de l’herbier

Les caractéristiques morphologiques de ces herbiers les placent parmi les plus développés et les moins perturbés des côtes françaises. Ils présentent des feuilles très longues (présence de feuilles atteignant 150 cm) et très larges ainsi qu’une biomasse foliaire très importante. En dehors de l’Archipel de Molène, aucun autre herbier, n’atteint des valeurs aussi élevées en France, les herbiers des côtes françaises étant, majoritairement à feuilles étroites et de longueurs moyennes. En termes de densité (nombre de pieds/m2), on trouve des valeurs assez faibles ce qui est classique pour des herbiers à longues feuilles.

 

Herbier de zostères marines de l'anse du Vicq  Herbier de zostères marines de l'anse du Vicq

 

Les poissons amphihalins

En l’état actuel des connaissances, les poissons amphihalins sont quasiment absents des fleuves qui se situent au droit du site mis à part une présence possible de saumons sur le Poult. Il existe en revanche des populations importantes d’aloses, de lamproies et de saumons à proximité du site. Par ailleurs les données OBSMER révèlent une présence occasionnelle des aloses en mer au niveau du site.

Grande alose 

Grande alose (Alosa alosa) , Krüger, 1795 BNF

Le site ne présente donc pas, en l’état des connaissances, d’enjeux réels de conservation pour ces espèces.

Les poissons amphihalins et leur écologie en mer restent mal connus en particulier la lamproie fluviatile et l’alose feinte. En 2009 à Galway, la commission européenne a émis des réserves scientifiques pour les lamproies (marine et fluviatile) et l’alose feinte (en Normandie) et a demandé à la France d’apporter des éléments scientifiques sur la phase de vie marine de ces espèces afin de vérifier si le réseau Natura 2000 était suffisant en termes de désignation pour ces espèces. Un programme du MNHN ciblé sur les aloses et les lamproies doit apporter des éléments de réponses à cette question.

Enfin l’amélioration des connaissances des populations et des captures d’amphihalins est un des objectifs des trois documents cadre sur ces espèces (stratégie nationale, PLAGEPOMI, Plan français pour le saumon).

 

Les mammifères marins

Quatre espèces de mammifères marins présentes au niveau du site Natura 2000 sont listées en annexe 2 de la DHFF : le marsouin, le grand dauphin et les phoques gris et veaux-marins.

Marsouin commun Grand dauphin

Marsouin commun (Phocoena phocoena), © M. Salaün                 Grand dauphin (Tursiops truncatus), © M. Salaün

 

Phoque gris  Phoque veau marin

Phoque gris (Halichoerus grypus), © M. Salaün                             Phoque veau-marin (Phoca vitulina), © M. Salaün

 

 

Les informations locales sur les mammifères marins sont assez éparses. Les observations opportunistes et le suivi des échouages indiquent une présence plus ou moins régulière des cétacés et du phoque gris. En l’état actuel des connaissances, le secteur ne semble pas présenter un enjeu majeur pour les mammifères marins au niveau national.

Néanmoins, de par sa situation, le site constitue une zone de passage obligatoire entre la Manche est et la Manche ouest. Il semblerait, par exemple, qu’il soit utilisé par les grands dauphins du Golfe normand-breton pour se rendre en Baie de Seine. Le maintien de cette connexion entre la Manche Est et la Manche ouest est un enjeu de conservation.