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Habitats et espèces

Présentation des habitats et des principales espèces à enjeux des sites "Baie de Seine occidentale"

 

Les sites sont une zone d’alimentation importante pour de nombreuses espèces d’oiseaux, (nicheuses, hivernantes ou de passage), la colonie de phoques veaux-marins de la Baie des Veys, les grands dauphins et les marsouins fréquentant régulièrement la Baie de Seine occidentale.

Les îles Saint-Marcouf abritent des colonies d’oiseaux marins d’importance nationale, dont les dernières grandes colonies de goélands en milieu naturel.

La Baie de Seine occidentale par sa situation abritée des vents dominants d’ouest et ses faibles profondeurs permet le repos de nombreuses espèces hivernantes ou en halte migratoire.

 

Code EU

Principales espèces/ principaux habitats d’intérêt communautaire observés sur les sites

Statut Directives DHFF- DO

1110

Bancs de sable à faible couverture permanente d’eau marine

Annexe I DH

1160

Grandes criques et baies peu profondes

Annexe I DH

1170

Récifs

Annexe I DH

1095

Lamproie marine (Petromyzon marinus)

Annexe II DH

1099

Lamproie de rivière (Lampetra fluviatilis)

Annexe II DH

1102

Grande alose (Alosa alosa)

Annexe II DH

1103

Alose feinte (Alosa fallax)

Annexe II DH

1106

Saumon Atlantique (Salmo salar)

Annexe II DH

1349

Grand dauphin (Tursiops truncatus)

Annexe II DH

1351

Marsouin commun (Phocoena phocoena)

Annexe II DH

1364

Phoque gris (Halichoerus grypsus)

Annexe II DH

1365

Phoque veau marin (Phoca vitulina)

Annexe II DH

A001

Plongeon catmarin (Gavia stellata)

Annexe I DO

A002

Plongeon arctique (Gavia arctica)

Annexe I DO

A003

Plongeon imbrin (Gavia immer)

Annexe I DO

A005

Grèbe huppé (Podiceps cristatus)

Migrateur

A007

Grèbe esclavon (Podiceps auritus)

Annexe I DO

A009

Fulmar boréal (Fulmar glacialis)

Migrateur

A016

Fou de Bassan (Morus bassanus)

Migrateur

A017

Grand cormoran (Phalacrocorax carbo) (nicheur)

Migrateur

A018

Cormoran huppé (Phalacrocorax aristotelis) (nicheur)

Migrateur

A026

Aigrette garzette (Egretta garzetta) (nicheur)

Annexe I DO

A048

Tadorne de belon (Tadorna tadorna)(nicheur)

Migrateur

A063

Eider à duvet (Somateria mollissima)

Migrateur

A065

Macreuse noire (Melanitta nigra)

Migrateur

A066

Macreuse brune  (Melanitta fusca)

Migrateur

A069

Harle huppé (Mergus serrator)

Migrateur

A148

Bécasseau violet (Calidris maritima)

Migrateur

A175

Grand labbe (Catharacta skua)

Migrateur

A169

Tournepierre à collier (Arenaria interpres)

Migrateur

A176

Mouette mélanocéphale (Larus melanocephalus)

Annexe I DO

A177

Mouette pygmée (Larus minutus)

Annexe I DO

A183

Goéland brun (Larus fuscus)(nicheur)

Migrateur

A184

Goéland argenté (larus argentatus) (nicheur)

Migrateur

A187

Goéland marin (larus marinus) (nicheur)

Migrateur

A188

Mouette tridactyle (Rissa tridactyla)

Migrateur

A191

Sterne caugek (Sterna sandvicensis)

Annexe I DO

A193

Sterne pierregarin (Sterna hirundo)

Annexe I DO

A194

Sterne arctique (Sterna paradisaea)

Annexe I DO

A195

Sterne naine (Sterna albifrons)

Annexe I DO

A197

Guifette noire (Chlidonias niger)

Annexe I DO

A199

Guillemot de Troïl (Uria aalge)

Migrateur

A200

Pingouin torda (Alca torda)

Migrateur

A173

Labbe parasite (Stercorarius parasiticus)

Migrateur

A175

Grand labbe (Stercorarius skua)

Migrateur

A384

Puffin des Baléares (Puffinus mauretanicus)

Annexe I DO

 

Les habitats marins

  •  Les peuplements de sables plus ou moins envasés

On retrouve ces peuplements sur la côte dans le fond de la baie depuis Saint-Vaast-la-Hougue jusqu’à Grandcamp-Maisy. Ils sont caractérisés par les plus fortes densités en invertébrés, en particulier du bivalve Abra alba et du vers Nepthys hombergii. La faune au-dessus du sédiment est composée d’ophiures, de crevettes, de crabes, de mollusques et de poissons.

Les zones les plus envasées présentent les densités et les diversités spécifiques (nombre d’espèces) d’invertébrés les plus importantes. Ce sont des habitats très productifs qui constituent des nourriceries pour les juvéniles de poissons et des zones d’alimentation pour les oiseaux ou les mammifères (phoques). Au niveau de la commune de Ravenoville, les vasières accueillent une moulière importante. L’abondance et la densité de ces gisements de moules sont variables d’une année sur l’autre.

  • Les peuplements de sables grossiers et graviers

Plus au large et plus profond, on trouve des sables grossiers (1110-3). Ces fonds abritent une faune très diversifiée dominée par les espèces vivant au-dessus du substrat.

On y trouve des vers tubicoles, des hydraires (animaux fixés vivant en colonies, sorte de « coraux » mous) des crustacés, des gastéropodes comme le buccin (bulot), de nombreux bivalves (dont certains font l’objet d’une exploitation), des échinodermes (étoile de mer et oursins). Les poissons sont très peu représentés avec notamment le dragonnet et les gobies.

  • Les peuplements de substrats rocheux

Les habitats rocheux (1170) se situent dans trois secteurs bien délimités, sur la côte entre Ravenoville et Saint-Vaast-la-Hougue (sous forme de roches isolées), au niveau du platier rocheux de Grandcamp-Maisy et autour des îles Saint-Marcouf.

Les laminaires forment des milieux très riches et des zones de frayères et de nourriceries pour nombre de poissons (vieille, lieu, congre). Leurs crampons (partie par laquelle elles sont accrochées au substrat) forment des micro-habitats particulièrement diversifiés. Ces zones assurent par ailleurs une production primaire très abondante et constituent une ressource alimentaire pour l’écosystème marin. Ces algues se développent dans les premiers mètres de profondeur là où la lumière pénètre suffisamment. En Baie de Seine occidentale, les laminaires ne se développent pas au-delà de 5-6 m alors qu’elles atteignent une profondeur de 10 m à Barfleur et 13 m au Cap Lévi. Ceci est lié à l’influence des fleuves locaux (Vire, Douve, Saire…) et de la Seine qui augmentent la turbidité de l’eau (apports de matière en suspension et développement phytoplanctonique). Les zones les plus riches sont observées en s’éloignant de la Baie des Veys (côte nord de Tatihou, et de Saint-Marcouf, est du Platier de Grand-camp-Maisy).

 

 

Laminaire bulbeuse (Saccorhiza polyschides) © In Vivo

 

Dans les zones plus profondes (donc plus sombres) ou battues par des courants plus forts, les laminaires laissent la place à des animaux fixés aux rochers.

Des moulières (à M. edulis) sont présentes au niveau des zones rocheuses entre Tatihou et la Pointe de Saire (gisement de Réville), sur les roches Saint-Floxel (commune de Saint-Marcouf), sur le platier de Grandcamp-Maisy et de façon plus localisée au sud des îles Saint-Marcouf. Les moulières présentent une faible diversité mais une densité et une biomasse importantes. On peut noter la présence plus ou moins éparse d’algues brunes (laminaire bulbeuse et sargasse), de spongiaires, de cnidaires et des ascidies. Des bancs d’ophiures recouvrent parfois complètement les moules. La faune mobile est bien représentée par les crustacés (étrille, tourteau…) et les poissons (plie…).

 

 

Exemples de faune et flore présentes sur les moulières  et champs d’ophiures (Ophiotrix fragilis) : plie (Pleuronectes-platessa), et et éponge «caline» (Haliclona-oculata), © AFB - In Vivo

 

Les poissons amphihalins

Cinq espèces de poissons amphihalins présentes en Baie de Seine sont listées en annexe 2 de la DHFF : La grande alose, l’alose feinte, le saumon atlantique et les lamproies marines et fluviatiles.

Historiquement, les poissons migrateurs étaient très présents en Baie de Seine, durant le dernier quart du XIXème siècle. Les aloses représentaient 20% (47 tonnes) des débarquements du quartier maritime de Rouen et 2% (5 tonnes) pour le saumon (PLAGEPOMI 2011). Ces espèces ont depuis considérablement régressé du fait de l’aménagement des cours d’eau, de la dégradation de la qualité des eaux, des habitats et de la pêche.

•             Les aloses

Les fleuves normands accueillent les populations fonctionnelles de grande alose les plus septentrionales d’Europe et leur maintien est indispensable dans une optique d’une reconquête de l’aire de répartition de cette espèce. La Vire avec 0,5 à 3% de la population nationale représente un enjeu très fort. L’augmentation des effectifs d’aloses en Manche-Mer du Nord (et le récent retour en mer d’Irlande) pourrait être lié au réchauffement des eaux avec une remontée vers le nord de l’espèce et/ou à des facteurs locaux comme le rétablissement de la continuité écologique.

Moins sensible que la Grande Alose, l’alose feinte conserve une aire de répartition étendue allant de l’Allemagne au Maroc. Les principales populations présentes en Manche-Mer du Nord, sont situées en Baie des Veys et en Baie du Mont St-Michel. Les connaissances sont plus éparses sur cette espèce.

  •            Les lamproies

Les populations normandes de lamproie marine de certains fleuves (Seine, Vire) montrent des signes de rétablissement et accueillent une part importante de la population nationale. Ceci est d’autant plus remarquable que dans la plupart des pays européens (Finlande, Suède, Royaume-Uni, Allemagne, Danemark, Espagne) cette espèce est rare et/ou en danger critique d’extinction.

Très peu d’informations sont disponibles sur la lamproie fluviatile. Dans l’état actuel des connaissances, la Manche présente des populations de petite taille par rapport à la sous-région marine (SRM) atlantique.

•             Le saumon atlantique

En ce qui concerne le saumon atlantique, 90% de la population mondiale sont présents sur trois pays : la Norvège, l’Islande et l’Ecosse. Les populations françaises sont marginales pour cette espèce et montrent une plus grande fragilité que ceux d’Europe du nord (Bretagne Grands Migrateurs). Au niveau national, les cours d’eau de Baie de Seine présentent des effectifs non négligeables (plus de 1% pour la Vire et l’Orne et de 5‰ pour la Seine). Le maintien de ces populations est un enjeu patrimonial, pédagogique (espèce « médiatique ») économique (pêche professionnelle) et culturel (pêche de loisir).

Les poissons amphihalins et leur écologie en mer restent mal connus en particulier la lamproie fluviatile et l’alose feinte.

En Baie de Seine, le manque de connaissance est particulièrement problématique pour l’alose feinte. Cette espèce se reproduit en zone estuarienne, en aval des stations de contrôle et reste très mal connue.

Enfin l’amélioration des connaissances des populations et des captures d’amphihalins est un des objectifs des trois documents cadre sur ces espèces (stratégie nationale, PLAGEPOMI, Plan français pour le saumon).

 

Les mammifères marins

Quatre espèces de mammifères marins présentes en Baie de Seine sont listées en annexe 2 de la DHFF : le marsouin, le grand dauphin et les phoques gris et veaux-marins.

Le phoque veau-marin a fait son retour en Baie des Veys au début des années 1990. La colonie est depuis devenue la deuxième de France. Les suivis réalisés par les gestionnaires  et/ou par les associations ont été coordonnés à l’échelle de la Manche par l’université de la Rochelle via le « réseau phoques ». Ce réseau permet de bénéficier de données standardisées à l’échelle de la Manche (Vincent et al. 2010).

 

Phoque veau-marin, M. Salaün

Le phoque gris est beaucoup moins présent mais de plus en régulier depuis quelques années.

 

Phoque gris, M. Salaün

 

Le réseau d’observateurs en Manche recense de nombreuses observations de grands dauphins en Baie de Seine en particulier entre la Pointe de Barfleur, la rade de Saint-Vaast-la-Hougue et les îles Saint-Marcouf. Les observations opportunistes de marsouins communs en Baie de Seine sont plus rares (cette espèce est très discrète) mais sont en nette augmentation depuis quelques années.

 

Marsouins communs observés en ULM, © Gautier

 

Grands dauphins (Tursiops truncatus). Crédit : François Gally, GECC

 

Les oiseaux marins

Située au cœur de l’axe de migration est-Atlantique, la Baie de Seine occidentale représente un site majeur pour les oiseaux marins. Les différentes espèces ne sont pas toutes présentes au même moment selon leur cycle biologique. On distingue alors :

  • Des espèces sédentaires présentes en toutes saisons
  • Des hivernants présents en hiver et nichant plus au nord
  • Des estivants/nicheurs présents au printemps et en été et hivernant plus au sud
  • Des migrateurs stricts rencontrés uniquement lors des migrations de printemps et d’automne

Parmi les nombreuses espèces qui fréquentent le site Natura 2000 de façon plus ou moins régulière, 34 espèces ont été retenues dont 12 inscrites à l’annexe I :

  1. Plongeon catmarin (Gavia stellata)
  2. Plongeon arctique (Gavia arctica)
  3. Plongeon imbrin (Gavia immer)
  4. Grèbe huppé (Podiceps cristatus)
  5. Grèbe esclavon (Podiceps auritus)
  6. Fulmar boréal (Fulmar glacialis)
  7. Fou de Bassan (Morus bassanus)
  8. Grand cormoran (Phalacrocorax carbo) (nicheur)
  9. Cormoran huppé (Phalacrocorax aristotelis) (nicheur)
  10. Aigrette garzette (Egretta garzetta) (nicheur)
  11. Tadorne de belon (Tadorna tadorna)(nicheur)
  12. Eider à duvet (Somateria mollissima)
  13. 13.   Macreuse noire (Melanitta nigra)
  14. Macreuse brune  (Melanitta fusca)
  15. Harle huppé (Mergus serrator)
  16. Bécasseau violet (Calidris maritima)
  17. Grand labbe (Catharacta skua)
  18. Tournepierre à collier (Arenaria interpres)
  19. Mouette mélanocéphale (Larus melanocephalus)
  20. Mouette pygmée (Larus minutus)
  21. Goéland brun (Larus fuscus)(nicheur)
  22. Goéland argenté (Larus argentatus) (nicheur)
  23. Goéland marin (Larus marinus) (nicheur)
  24. Mouette tridactyle (Rissa tridactyla)
  25. Sterne caugek (Sterna sandvicensis)
  26. Sterne pierregarin (Sterna hirundo)
  27. Sterne arctique (Sterna paradisaea)
  28. Sterne naine (Sterna albifrons)
  29. Guifette noire (Chlidonias niger)
  30. Guillemot de Troïl (Uria aalge)
  31. Pingouin torda (Alca torda)
  32. Labbe parasite (Stercorarius parasiticus)
  33. Grand labbe (Stercorarius skua)
  34. Puffin des Baléares (Puffinus mauretanicus)

 

  • Les colonies d’oiseaux marins

Au printemps, les îles Saint-Marcouf accueillent régulièrement 8 espèces nicheuses. Les suivis de ces colonies sont réalisés par le GONm et révèlent que le site est d’importance nationale pour le grand cormoran côtier, le cormoran huppé, les goélands marins et argentés. Le site accueille également quelques couples d’aigrette garzette, de goéland brun, d’huîtrier pie et de tadorne de Belon.

L’île de Tatihou et les falaises du Bessin situées à proximité immédiate du site accueillent également des effectifs importants d’oiseaux marins qui exploitent le site Natura 2000 pour leur alimentation durant toute la période de reproduction.

 

  • La période internuptiale

 Le reste de l’année, de la fin de l’été au début du printemps, la Baie de Seine occidentale est fréquentée par de nombreuses espèces avec un pic des effectifs durant la période hivernale. Sa situation abritée des vents dominants d’ouest et les faibles profondeurs permettent le repos et l’alimentation de nombreuses espèces.

Au cours de la période internuptiale, on distingue différentes sous-périodes. Voici leurs définitions et les données qui permettent de les caractériser :

- L’hivernage et l’estivage désignent des stationnements d’assez longue durée lors des mois d’hiver et d’été.

- Les haltes migratoires constituent des arrêts de plus courte durée au cours des migrations (quelques heures à quelques jours) répondant à un besoin de repos et/ou d’alimentation.

-  Les migrations désignent les mouvements d’oiseaux sans que l’on sache si ces derniers s’arrêtent sur le site ou non. Elles sont suivies via les guets à la mer principalement de juillet à décembre.

Le site revêt une importance nationale en hivernage pour les plongeons arctiques et imbrin (inscrits à l’annexe I de la Directive Oiseaux), le harle huppé et le grèbe esclavon. Les enquêtes grèbes plongeons menées par le GONm (hivers 2001-2002 et 2011-2012) confirment l’importance du site qui accueille une part notable (20 à 50 %) des effectifs normands de grèbe esclavon, à cou noir et huppé et de plongeon arctique et catmarin. Les grèbes et le harle huppé sont surtout présents près de la côte tandis que les plongeons sont davantage observés au large entre les bancs de la Rade et de Saint-Marcouf et la côte.